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 Michael Schumacher

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CSC_3187
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MessageSujet: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:17



Michael Schumacher a marqué la F1 de son empreinte, en cumulant tous les records. Ogre de la discipline, il a sa place parmi les grands et une longue histoire.

Divisée en cinq grandes parties, sa biographie sera publiée progressivement. Vous pourrez bien entendu réagir et venir exprimer votre opinion sur ce pilote qui ne laisse pas indifférent.

I. L'arrivée en Formule 1 ( -1991)
II. Les années Benetton : Premiers grands succès (1992-1995)
III. Les années Ferrari (1) : A la quête du titre (1996-1999)
IV. Les années Ferrari (2) : L'homme de tous les records (2000-2004)
V. Derniers exploits et reconversion (2005- )

Sources :

www.michael-schumacher.de
wikipedia.de
grandprix.com
statsF1.com
+ mes souvenirs de l'époque (TV, magazines...)

Bonne lecture


Dernière édition par CSC_3187 le Dim 10 Mai - 13:17, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:17

Partie I - L'arrivée en Formule 1 ( -1991)

Michael Schumacher est né le 3 janvier 1969 à Hürth-Hermülheim, à proximité de Kerpen. Son père étant le gérant de la piste de karting locale, il débute très tôt dans le sport automobile, dès l’âge de 4 ans. Il devient ainsi le plus jeune pratiquant en Allemagne, ce qui ne l’empêche pas de se montrer l’un des adhérents les plus à l’aise.


Une ascension irrésistible

Issu d’une famille modeste, l’argent devient rapidement un problème limitant l’expansion de la carrière du jeune prodige. La solution vient de Gerhard Noack, vendeur de karting, qui lui offre sa première véritable monture et s’occupe de financer les engagements ainsi que toute la logistique. Il avait trouvé en Schumacher, un excellent support publicitaire pour les machines qu’il commercialisait. Durant cette période, Schumacher sillonne les circuits en Allemagne, mais aussi en Belgique, croisant quelques-uns de ses futurs adversaires, Heinz-Harald Frentzen, Mika Salo, Mika Hakkinen et même Ayrton Senna. Son ascension se poursuit progressivement, jusqu’à ce qu’il se retrouve à nouveau limité par les problèmes financiers. Son deuxième bienfaiteur, Jürgen Dilk, lui permet ainsi, à partir de 1982, de s’aligner sur le championnat allemand de karting. Schumacher confirme ses excellentes prédispositions en remportant deux titres consécutifs chez les juniors, en 1984 et 1985. Il passe alors dans la catégorie supérieure qu’il remportera en 1987, s’adjugeant également le titre européen de la discipline.



Les grands débuts en karting

Il peut alors sereinement entamer sa carrière en monoplace. Il mène deux engagements de front. Le premier se fait dans la toute nouvelle Formule König, qu’il survelora aisément, en décrochant 9 victoires sur les 10 courses au programme, se contentant d’une deuxième place en guise de plus mauvais résultat. Il débute également en Formule Ford, qui était à l’époque, un passage quasi-incontournable pour les pilotes en devenir. Le championnat allemand ne lui sourit guère, s’octroyant seulement la sixième place au général, mais il se fait remarquer sur les circuits européens, en gagnant à Zandvoort et s’offrant cette fois-ci, une place de vice-champion d’Europe. Ses performances en monoplace séduisent Willi Webber, à la recherche d’un remplaçant à Joachim Winkelhock, champion allemand de F3 sortant, qui poursuit sa progression à travers les catégories. Il le convie à un test sur le Nürburgring, mais Schumacher, n’ayant pas la voiture en main, achève son essai dans le décor. Qu’importe Weber est convaincu de son potentiel et lui donne une seconde chance. Schumacher ne la laisse pas passer en se montrant rapidement dans les temps de Winkelhock. Il décroche sa place dans le team WTS pour la saison 1989 de Formule 3, aux côtés d’Heinz-Harald Frentzen. Weber, conscient des soucis financiers de Schumacher, devient son manager, se rémunérant sur les résultats de son pilote, sans lui demander d’apport budgétaire préalable. La saison 1989 s’avère excellente et Schumacher sera longtemps à la lutte pour le titre avec son coéquipier Frentzen, terminant à égalité de points. C’est finalement un troisième larron, l’Autrichien Karl Wendlinger, qui s’impose pour un petit point. Le trio vainqueur rejoint le Mercedes Junior Team, sous l’impulsion de Jochen Neerpasch et Peter Sauber, qui courrait à l’époque en endurance.



Formule 3 et Sport-prototype, deux disciplines relativement différentes qu'il mènera de front

Jochen Neerpasch, ancien pilote d’endurance et désormais à la tête du programme sportif de Mercedes, eut l’idée de créer un Junior Team pour préparer l’avenir et à plus long terme, le retour en F1 des Flèches d’Argent. Les trois jeunes pilotes se partageaient à tour de rôle le volant d’un proto, aux côtés de l’expérimenté Jochen Mass. Avec des puissances et des vitesses avoisinant celles des Formule 1, les véhicules de sport-prototype constituaient un excellent entraînement. Présente sur quatre épreuves, la paire Mass-Schumacher remporte la victoire au Mexique. En parallèle à cet engagement, Michael Schumacher continue de courir pour l’écurie WTS en Formule 3, remportant cette fois-ci le championnat allemand avec 5 victoires au compteur. Il domine également l’épreuve de Macao, championnat du monde officieux, non sans controverses. Battu par le champion britannique, Mika Hakkinen, lors de la première manche, il s’impose lors de la seconde. Il s’impose également au général, après avoir éliminé son adversaire lors d’un accrochage, alors qu’il était en tête de la seconde manche. S’il est impossible d’établir sa responsabilité sur cet accident, cette manœuvre n’est pas sans rappeler certains de ses méfaits ultérieurs. En 1991, il dispute une saison pleine en sport-prototype aux côtés de Karl Wendlinger, ayant décliné un engagement en Formule 3000 proposé par Weber. Celle-ci s’avère décevante, la faute à une fiabilité incertaine. L’équipage, complété par Fritz Kreuzpointer, s’aligne aux 24 heures du Mans. Ils finiront cinquièmes, Schumacher signant le meilleur tour de l’épreuve. Il avouera ultérieurement avoir soumis la voiture à un rythme trop intense pour une course d’endurance, sur ses premiers relais, ce qui les contraindra à lever le pied. Il dispute également une course en Formule Nippon, la F3000 japonaise, qu’il achève en deuxième position. Weber avait en tête de lui faire disputer la saison 1992 de F3000 et le préparait ainsi en Formule Nippon.



Mika Hakkinen et Michael Schumacher, les deux animateurs du Grand Prix de Macao 1990




1991 : Une entrée rocambolesque en Formule 1

Le destin en a décidé autrement et permit à Schumacher d’entrer directement en Formule 1. Tout commence par un banal fait-divers. Le pilote titulaire Jordan, Bertrand Gachot, utilise une bombe lacrymogène suite à une altercation avec un chauffeur de taxi londonien. Placé en garde à vue, il est licencié par le patron de l’écurie éponyme, Eddie Jordan. L’Irlandais doit trouver un remplaçant et le retraité Stefan Johansson tient la corde. L’affaire étant parvenue aux oreilles de Willi Weber, ce dernier harcèle Eddie Jordan pour placer son protégé. La jeune équipe irlandaise était alors dans une situation financière délicate et exigeait d’importantes garanties. Jochen Neerpasch intervient et Mercedes paie en l’échange d’une promesse d’engagement. Michael Schumacher fait alors ses grands débuts en Formule 1 sur le circuit de Spa-Francorchamps. Habitué aux hautes vitesses, il signe des temps remarquables pour un débutant ne connaissant pas le circuit, bluffant tout le monde, notamment lors du Raidillon qu’il passe sans décélérer, une performance rare à l’époque. Chez Jordan, on lui intimerait presque de ralentir, mais il signe le septième temps de la séance de qualification, loin devant son expérimenté coéquipier Andrea De Cesaris. La course tourne malheureusement court, avec un embrayage cassé au bout de 500 mètres, mais Schumacher a impressionné et assuré son avenir dans la discipline.



Eddie Jordan lui offrira ses premiers tours de roue

Eddie Jordan désire le conserver, mais Jochen Neerpasch en a décidé autrement. Le directeur sportif de Mercedes a bien compris qu’il ne s’agissait que d’une promesse et non d’un vrai contrat et soucieux de placer son poulain dans une bonne équipe, il démarche les écuries solidement installées dans la hiérarchie. Toujours présent dans les coups fourrés, Flavio Briatore ne se fait pas prier pour l’engager. Jean-Marie Balestre et Bernie Ecclestone règleront le conflit entre Briatore et Jordan dans un luxueux hôtel à proximité de Monza, siège de la manche suivante. C’est la valse des volants entre Roberto Moreno et Michael Schumacher. L’Allemand se retrouve aux côtés du triple champion du monde Nelson Piquet, qui penche plus vers la retraite que vers ses grandes heures de gloire. D’entrée de jeu, Schumacher domine son coéquipier en qualifications, puis en course, se classant en cinquième position au final. Benetton était à l’époque la quatrième force du plateau et l’on entrevoyait déjà un grand avenir pour celui qui venait de marquer ses premiers points. Schumacher ajoute deux sixièmes places à son compteur, tout en dominant régulièrement Piquet, au point de l’envoyer définitivement à la retraite. Il termine cette première saison au treizième rang avec quatre points, mais peut envisager l’avenir avec sérénité.



Mais c’est avec Benetton et Flavio Briatore que sa carrière va décoller


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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:18

Partie II - Les années Benetton : Premiers grands succès (1992-1995)

1992-1993 : Les espoirs se confirment

En 1992, Michael Schumacher poursuit sa collaboration avec Benetton, le Britannique Martin Brundle, succédant à Nelson Piquet. La hiérarchie a été bousculée depuis la saison passée. Les intouchables Mc Laren-Honda se sont fait rattraper par les Williams-Renault, tandis que Ferrari sombre définitivement. Mené par le duo Ross Brawn-Rory Byrne, Benetton progresse dans la hiérarchie, en même temps que Schumacher. Le jeune pilote allemand continue de faire parler sa précocité en décrochant son premier podium lors de la deuxième course de la saison, au Mexique. Il enchaîne les performances et les podiums, montant à nouveau sur la troisième marche au Brésil, puis sur la deuxième lors de la course suivante en Espagne, s’étant qualifié sur la première ligne. Il devient alors le rival le plus crédible des intouchables Williams. Sa saison se caractérise par une grande régularité. Toujours qualifié sur l’une des trois premières lignes, il n’abandonne que très rarement et confirme sa place obtenue en qualification par d’excellentes courses.



Sa collaboration avec Ross Brawn débouche sur un premier podium au Mexique

Il ne manque plus qu’une victoire pour la saison soit une totale réussite. C’est à Spa, premier théâtre de ses exploits lors de la saison passée, que la légende continue de s’écrire. Profitant des caprices d’une météo changeante et anticipant le retour du sec avec brio, Schumacher se débarrasse des pilotes Williams pour décrocher sa première victoire. Cette victoire est la première d’une longue série, sur un circuit qu’il affectionne particulièrement. Le jeune allemand fait aussi preuve d’une certaine adresse sous la pluie. Cette victoire en Belgique est le point d’orgue d’une saison qui le voit monter sur la troisième marche du podium du championnat du monde, se permettant le luxe de devancer Ayrton Senna. Martin Brundle, son coéquipier de l’époque a subi le même sort que Piquet. Elogieux, il reconnaît ne jamais s’être fait autant dominer à armes égales depuis la saison de Formule 3 britannique en 1983, qui l’avait opposé à Ayrton Senna.




Spa, théâtre de la première victoire de Michael Schumacher

La saison 1993 ressemble trait pour trait à la précédente, à la seule différence que la Benetton et son pilote se montrent moins fiables. Schumacher doit s’incliner sur le fil contre Damon Hill et se contente d’une quatrième place au classement général. Après 8 podiums, la saison passée, il en rajoute 9 à son compteur personnel, signant par la même occasion sa deuxième victoire lors de la manche portugaise à Estoril. Après un départ plutôt moyen, il profite des accidents et des ravitaillements pour se hisser en tête. Prost le suit de près, sans prendre de risques pour assurer son titre mondial, s’attendant à le voir changer de pneus à nouveau. Schumacher tente le tout pour le tout et résiste au retour des Williams qui ont compris la manœuvre.



Prost a gagné, mais l’heure de gloire approche


1994 : Un premier titre au bout des ennuis et du suspense

L’interdiction des diverses aides électroniques change légèrement la donne en cette saison 1994. Benetton profite du talent de ses concepteurs pour hisser la voiture propulsée par un modeste V8 Ford, à hauteur de la Williams-Renault, jugée trop pointue et peu confortable par Ayrton Senna, grand favori de la levée 1994. Contre toute attente, Schumacher rivalise avec le grand Ayrton. Dès la course brésilienne, ouverture de la saison, il met la pression sur Senna et profite d’un ravitaillement éclair pour prendre la tête. Le Brésilien cravache sans succès, jusqu’à se mettre à la faute, laissant une confortable victoire à Schumacher. Le duel entre les deux pilotes semble se préciser au vu de la première manche, mais il tournera court. Lors de la course suivante, Senna est éliminé dès le départ, puis il connait une fin tragique à Imola, lors d’un week-end noir à oublier. Marqué comme de nombreux pilotes par le décès de l’immense champion, Schumacher aurait un temps songé à stopper sa carrière avant de se raviser. Il signe sa première pole position à Monaco, en l’absence du maître de l’exercice chronométré. Privé d’adversaires à sa mesure, il s’envole au championnat. Seule sa boîte de vitesse, bloquée en cinquième en Espagne, le contraint à la deuxième place. Sans cela, il se dirigeait tout droit vers une série de 7 victoires en autant de courses.



Michael Schumacher domine le début de la saison, Damon Hill compte les points

Les affaires le rattraperont et redonneront de l’intérêt au championnat. En Grande-Bretagne, Williams reprend du poil de la bête, tandis que Benetton est soupçonné d’utiliser un boitier électronique illégal, contenant un anti-patinage. Schumacher quant à lui, se voit présenter le drapeau noir, pour de multiples dépassements sur Damon Hill lors du tour de formation. Refusant de rentrer au stand, suivant les consignes de son écurie qui négocie la sanction, il est finalement disqualifié à l’issue de l’épreuve, avant d’écoper d’une suspension de deux courses supplémentaires, quelques semaines plus tard en appel. Après un premier abandon à domicile, Schumacher enchaîne deux succès probants en Hongrie, puis en Belgique. Ce dernier se verra entaché d’une nouvelle polémique, Schumacher est disqualifié pour une usure trop importante du fond plat. Cette disqualification suivie de sa suspension permet à Damon Hill de revenir dans la course au titre. Il inscrit 40 points sur 40 possibles et se rapproche à un seul petit point. La suite de la saison ne modifie pas la donne, Hill s’offrant même une courageuse victoire sous la pluie au Japon.



Entre drapeau noir et fond plat non règlementaire, il enchaine les affaires.

Tout se décide donc dans la dernière manche en Australie. Schumacher prend le meilleur départ, suivi de près par Hill qui maintient la pression. Au 35ème des 81 tours de la course, Schumacher part à la faute et laisse une porte ouverte à Damon Hill. Le Britannique s’y engouffre, mais elle se referme aussitôt. La collision est inévitable et la Benetton vient s’encastrer dans le mur de pneus après une jolie figure de voltige. Hill a maintenant la route dégagée pour le titre, mais l’incident a laissé des traces. Il est contraint de rentrer au stand pour inspecter les dégâts et l’on peut constater que la suspension avant gauche s’est pliée. Il serait trop dangereux de le laisser repartir en piste et il doit abandonner ses espoirs de titre, sacrant un Michael Schumacher incrédule et certain d’avoir perdu. Couronné au bout d’une saison entachée de divers scandales, tant individuels que collectifs, cette dernière action en est d’ailleurs le paroxysme, Schumacher est alors bien loin de faire l’unanimité. Il rejoint tout de même Emerson Fittipaldi dans la légende, en devenant le deuxième plus jeune champion du monde, un record qui sera successivement battu par Fernando Alonso puis dernièrement par Lewis Hamilton.



Le duel s'achève sur un accrochage litigieux qui sacre Michael Schumacher


1995 : Une confirmation éclatante

Pour cette saison 1995, Benetton hérite du V10 Renault, se retrouvant alors propulsée par le même bloc moteur que sa grande rivale qu’est Williams. Damon Hill fait à nouveau figure de concurrent pour Michael Schumacher et l’on attend la revanche avec impatience. La saison commence mal pour le pilote allemand. La B195 souffre des mêmes problèmes que la Williams de la saison passée et s’avère trop pointue par rapport à sa devancière. Schumacher remporte néanmoins la première course, avant de se faire une nouvelle fois disqualifier, pour essence non conforme cette fois-ci. David Coulthard l’accompagne dans cette sanction, mais les deux pilotes seront blanchis ultérieurement. Schumacher subit la loi de Damon Hill en Argentine, avant de sortir sur la piste humide d’Imola, laissant ainsi la tête du championnat à son grand rival. A partir de la manche espagnole, la Benetton était fin prête et le championnat tourne à l’avantage de Schumacher. Il enchaîne une impressionnante série de 8 victoires en 13 courses, tandis que son adversaire perd plusieurs fois les pédales. Schumacher et Hill s’accrocheront d’ailleurs par deux fois, en Grande-Bretagne, puis en Italie, à chaque fois suite à une erreur du Britannique. Le pilote allemand devient aisément double champion du monde à 26 ans, détrônant cette fois-ci Emerson Fittipaldi au titre de plus jeune double champion du monde.



Le champion du monde devient l’idole des foules en Allemagne

Schumacher devient l’homme de la pluie, comme en témoigne ses impressionnantes victoires à Spa et au Nürburgring dans des conditions difficiles. La course belge est la plus belle, mais aussi la plus controversée. Les qualifications ayant été perturbées par la pluie, Schumacher doit s’élancer en 16ème position, loin derrière les meilleurs. Il prend un superbe départ et profite des incidents pour se hisser au troisième rang. Alors que la pluie commence à tomber sérieusement et que tout le monde rentre pour changer de pneus, il tente le pari de rester en slick et espère une accalmie rapide. Il concède alors près de 15 secondes au tour sur Damon Hill qui revient rapidement dans son sillage. Alors que l’on croit le sort de Schumacher réglé, celui-ci met tout son courage pour défendre sa position, variant ses trajectoires à la limite de la sportivité. Hill part le premier à la faute mais Schumacher n’en a pas fini avec lui. L’assèchement progressif de la piste lui permettra de reprendre le large et de gagner son pari. Quelques semaines plus tard, il fait, à nouveau, étalage de son talent, dans des conditions d’adhérence précaires, résistant vaillamment à Hill, avant de s’offrir une remontée fulgurante et un dépassement autoritaire sur Jean Alesi. Au-delà de son talent sous la pluie, Schumacher montre un caractère de battant, celui d’un homme qui ne recule devant rien pour s’offrir la victoire, même les coups les plus bas, ce qui fait de lui, un des personnage les plus controversés du paddock.



Slick contre pluie à Spa, pour une nouvelle victoire étonnante


Dernière édition par CSC_3187 le Jeu 28 Mai - 16:33, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:18

Partie III : Les années Ferrari (1) : A la quête du titre (1996-1999)

1996 : Des débuts difficiles au sein de la Scuderia Ferrari

L’année 1996 en Formule 1 débute par un transfert à sensation. Le double champion du monde en titre, Michael Schumacher, défraye la chronique, en rejoignant une écurie mythique mais moribonde, la Scuderia Ferrari. Depuis son arrivée en juillet 1993, Jean Todt, le nouveau directeur sportif des Rouges a bien compris qu’il lui fallait un grand pilote et jette son dévolu sur celui que l’on considère alors comme le meilleur. Ferrari sort le chéquier pour convaincre Schumacher et Briatore, Alesi faisant le chemin inverse. Dès son arrivée, le pilote allemand exige un statut de leader absolu, ce qui provoque le départ de Gerhard Berger, parti rejoindre Jean Alesi chez Benetton. L’Irlandais Eddie Irvine, transfuge de chez Jordan, deviendra le fidèle lieutenant. La nouvelle Ferrari conçue par John Barnard s’avère être ratée, avec une aérodynamique déficiente et un remplacement du V12 en V10 non maitrisé. Beaucoup se demandent alors dans quelle galère est allée se fourrer Schumacher et s’il s’en sortira, pour gagner des titres à nouveau, faisant mieux que tous ceux qui ont échoué jusqu’à présent. La saison commence difficilement, entre abandons et performances médiocres. Il se console avec un podium sous la pluie au Brésil et parvient enfin à concurrencer Williams sur le Nürburgring.



Ferrari retrouve le numéro 1, mais les débuts sont difficiles

C’est à Monaco qu’il peut enfin espérer s’offrir sa première victoire, la vingtième de sa carrière. La Ferrari progresse et lui permet de décrocher une nouvelle pole position après celle d'Imola. Les rues étroites de la Principauté, arrosées par la pluie, sont un tremplin idéal pour résister à Williams, mais l’aventure se termine au Portier, sans avoir même bouclé le premier tour. Enervé par cette erreur grossière, il se rattrapera en Espagne. La pluie s’est à nouveau invitée sur le circuit et il se livre à son habituelle démonstration, malgré un départ manqué qui le relègue en huitième position. Il s’impose au final avec un demi-tour d’avance et décroche sa première victoire avec Ferrari, la première d’une longue série. Ferrari retombe dans ses travers pour la suite de la saison et Schumacher collectionne les abandons. L’écurie touche le fond à Magny-Cours, en cassant le moteur lors du tour de formation. Au soir du Grand Prix de Hongrie, il pointe en 4ème position, à 50 longueurs du leader Damon Hill. Cette saison est un échec et Jean Todt est sur la sellette. Le pilote puise dans l’orgueil du champion qu’il est pour inverser la tendance. Auteur d’une course courageuse sur son circuit fétiche, à Spa dans les Ardennes, il double la mise en remportant une superbe victoire à Monza, sur les terres de Ferrari. La Scuderia reprend des couleurs et une bonne fin de saison permet à Schumacher de monter sur la troisième marche du podium et de hisser Ferrari au deuxième rang chez les constructeurs, pour la première fois depuis 1990 et Alain Prost. L’avenir s’éclaircit pour la Scuderia, d’autant plus que Jean Todt a su convaincre Ross Brawn et Rory Byrne, les principaux artisans des premiers succès du nouveau « Baron Rouge ».



Michael Schumacher nous régale en Espagne pour décrocher sa première victoire chez Ferrari


1997 : La goutte d’eau qui fait déborder le vase

La saison 1997 s’annonce sous de meilleurs auspices pour Ferrari. La voiture développée par Ross Brawn est nettement plus compétitive que sa devancière. Même si le trio Newey-Williams-Renault, qui domine la F1 depuis 1992, reste favori, il ne serait pas utopique de voir Schumacher s’imposer, car il a su nous habituer à réaliser des prouesses en tant qu’outsider. Le Québécois Jacques Villeneuve se détache comme son principal adversaire. La première partie de la saison tourne à l’avantage de l’Allemand, qui profite des erreurs de son adversaire pour s’offrir un matelas confortable de 14 points d’avance à mi-championnat. Schumacher en profite pour effacer son erreur monégasque de la saison passée et nous offrir un nouveau récital sous la pluie, terrain qu’il maitrise parfaitement, même s’il a avoué ne pas véritablement apprécier conduire sous la pluie. Son sens du pilotage lui permet de réaliser des prouesses dans des conditions difficiles, le plaçant à l’égal des plus grands sur ce plan.



Schumacher nous enchante une nouvelle fois à Monaco

Le vent tourne pour la suite de la saison et la Ferrari perd de sa superbe. Alors qu’il se dirigeait tranquillement vers le titre, Schumacher doit faire face au retour en trombe de Villeneuve. Le Canadien compte neuf points d’avance à deux courses du but, tandis que l’Allemand voyait sa course ruinée par un accrochage avec son jeune frère Ralf, nouveau venu dans la discipline. Au Japon, il remet les pendules à l’heure en reprenant 10 points et la tête du championnat. 3 ans plus tard, Schumacher se retrouve dans la même position qu’en 1994, à savoir leader avec un seul point d'avance, lors du dernier rendez-vous, à Jerez. Villeneuve et Schumacher pousseront-ils la ressemblance jusqu’à s’accrocher en course ? La réponse sera finalement oui, pour ce qui deviendra l’épisode le moins glorieux de sa carrière. Il lui suffisait de tenir Villeneuve à distance, mais celui-ci était trop fort et lui mettait une grosse pression comme Hill en son temps. Les deux pilotes s’échangeront deux fois leurs positions, jusqu’à ce que Schumacher ferme la porte comme il l’avait fait à Damon Hill en 1994. Il finit dans le bac à graviers mais sa manœuvre échoue, et Villeneuve s’en va logiquement quérir un titre pourtant largement à la portée à de son adversaire.



La saison se termine par un nouvel accrochage qui laisse Schumacher seul face à ses responsabilités

La manœuvre fait de nouveau débat, mais le nombre de ses détracteurs augmente fortement. La répétition ne laisse plus de place au doute et la FIA prend des sanctions en le disqualifiant de la saison complète, annulant les points acquis en 1997. Pour beaucoup d’experts, il aurait pu éviter de se résoudre à cette solution extrême. C’est peut-être l’incident qui fera le plus de tort à Michael Schumacher, qui finit de ternir une réputation déjà bien entamée. Il devient l’un des champions les plus impopulaires, toutes disciplines confondues et nombreux seront ceux qui lui dénieront tout talent et tout mérite, supportant ainsi très difficilement sa future période de domination.



Le caractère du champion fait débat, celui de l'homme est unanimement condamné


Dernière édition par CSC_3187 le Ven 29 Mai - 3:16, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:18

1998 : Mika Hakkinen, son plus valeureux adversaire

Ferrari et Schumacher sont prêts à repartir sur de bonnes bases et oublier le fiasco de la saison précédente. 1998 voit l’arrivée de nombreux changements règlementaires. Des modifications profondes apparaissent sur l’aérodynamique avec un nouveau gabarit pour les véhicules, le diamètre des freins se voit réduit, mais c’est surtout l’apparition des pneus rainurés qui suscite le plus d’inquiétudes. L’objectif de ces mesures est de réduire les vitesses de passage en virage, ce qui fait suite aux conséquences directes de l’accident mortel de Senna. Ferrari fait figure de favori depuis que Williams a perdu son motoriste Renault, et Adrian Newey, transféré chez Mc Laren,. Ce sont finalement ces derniers, propulsés par Mercedes qui vont damer le pion à tout le monde. Le début de saison est une démonstration digne des meilleures années Williams. L’interdiction de leur nouveau système de freinage ramènera l’équilibre et Schumacher pourra se battre contre Mercedes, qui lui a indirectement permis de faire son entrée en F1.



Nouvelle règlementation, mais aussi nouveaux adversaires

Norbert Haug a remplacé Jochen Neerpasch à la tête du programme sportif. Mercedes ambitionnait de rejoindre la F1 avec son Junior Team, mais seul Karl Wendlinger a suivi. Mercedes abandonne ensuite Peter Sauber pour Ron Dennis qui cherchait désespérément à remplacer Honda. Mika Hakkinen, ancien rival de Schumacher sur les pistes de karting et sur celle de Macao, est devenu la nouvelle égérie de Mercedes, ironie du sort. Schumacher le désigne lui-même comme le plus valeureux adversaire qu’il ait dû affronter. Le duel sera intense cette saison, chacun faisant étalage de ses diverses qualités au fil des courses. Hakkinen et Mc Laren dominent le début de la saison, même si Ferrari parvient à les stopper en Argentine. Michael enchaîne ensuite trois succès consécutifs au Canada, en France et en Grande-Bretagne pour revenir pratiquement à égalité de points. Cette dernière victoire fut des plus insolites. Après avoir profité de l’intervention de la voiture de sécurité pour déborder Hakkinen, un tour après la relance, il s’envole vers la victoire. Ayant doublé sous drapeau jaune, Alexander Wurz, alors retardataire, il écope d’un stop and go. Dans la confusion, Ferrari applique le règlement et le fait rentrer lors de son dernier tour. Il emprunte la voie des stands, franchit la ligne d’arrivée et observe sa pénalité. Les commissaires reconnaissent alors leur erreur vis-à-vis du règlement et Schumacher conserve sa victoire, la pénalité aurait normalement dû le rétrograder derrière Mika Hakkinen.



Schumacher enchaine les succès et revient au contact

Hakkinen reprend ensuite l’avantage. A Budapest, Schumacher est au pied du mur. Il lui faut un exploit, mais cela ne sera pas chose facile face aux Flèches d’Argent. Ross Brawn sort alors un nouveau tour de son chapeau, un basculement d’une stratégie à deux arrêts vers une stratégie à trois arrêts en pleine course. Enchaînant les tours chronos entre ses ravitaillements, Schumacher parvient à dépasser les deux pilotes Mc Laren, qui avaient anticipé pourtant leur deuxième arrêt dans l’espoir de ressortir en tête. Schumacher cravache ensuite afin de s’offrir une marge suffisante pour son dernier arrêt. Ross Brawn frappe un grand coup et la stratégie deviendra une pièce maitresse des succès de la Scuderia, bien aidée par la capacité de Michael Schumacher à sortir des tours de qualification juste avant de rentrer aux stands. La saison se poursuit par l’enfer des Ardennes, un Grand Prix de Belgique noyé sous la pluie. Schumacher prend facilement l’avantage et survole ses adversaires qui cherchent seulement à rester sur la piste. Il est sur une autre planète lorsque Coulthard le ramène sur terre. A la dérive, l’Ecossais ne fait pas complètement l’effort de laisser la trajectoire libre, ralentissant excessivement, et Schumacher le percute de plein fouet. Ramenant la voiture au stand sur trois roues, il en descend promptement et file vers le stand Mc Laren prenant à peine le temps d’enlever son casque, accusant avec véhémence David d’avoir voulu le tuer. Ce sont les mécaniciens des deux camps qui doivent s’interposer pour éviter que les deux hommes en viennent aux mains. Jouant d’abord les victimes innocentes, Coulthard reconnaitra ses responsabilités cinq ans plus tard, lorsqu’il se retrouvera dans la même situation que Michael.



Spa, une course dominée de la tête et des épaules qu'il achèvera sur trois roues après une collision avec David Coulthard

Michael Schumacher prend sa revanche en Italie et recolle au classement du championnat du monde. Le titre se jouera finalement lors de la dernière manche au Japon, Hakkinen arrivant avec les quatre points d’avance acquis au Nürburgring. Ce dernier est en position de force, car il est assuré de terminer premier en cas d’égalité. Cela condamne donc son adversaire à terminer sur l’une des deux premières marches du podium tout en espérant reprendre au minimum 5 points. Schumacher réussit la pole position, maximisant ainsi ses chances. La suite va mal tourner pour lui. Comme lors des duels décisifs de 1994 et 1997, il a du mal à faire face à la pression et cette fois-ci, il cale sur la grille. Relégué en queue de peloton, il entame une remontée extraordinaire, qui le porte jusqu’au podium. Hélas pour lui, Mika est trop loin et une crevaison met fin à tous ses espoirs, le contraignant à l’abandon. Son troisième titre lui échappe encore de peu.



Même si Schumacher le devance régulièrement, c'est le Finlandais qui a le dernier mot


1999 : Une grave blessure interrompt sa carrière

Le duel Hakkinen-Schumacher occupe encore les esprits et les deux pilotes s’apprêtent à disputer la revanche en cette saison 1999. Michael est cette fois-ci dans le coup dès le début de la saison, remportant deux victoires consécutives à Imola et Monaco pour s’installer en tête du championnat. Il assiste cependant impuissant au retour en force des Mc Laren, le chassé-croisé continuant en tête du championnat. Silverstone marque un tournant de la saison. En proie à une défaillance de ses freins, la monoplace de Schumacher tire tout droit et vient s’encastrer à plus de 100 km/h, 107 d’après les relevés télémétriques, dans un mur de pneus. Se voyant foncer dans le mur, sans possibilité de l’éviter, il a craint le pire, songeant à la mort, durant les longues secondes d’attente. Le bilan est léger mais avec une jambe cassée, il devra se tenir éloigné des circuits pendant plusieurs mois et peut tirer un trait définitif sur le titre en fin de saison, saison qu’il achèvera finalement au cinquième rang. 20 ans après le dernier sacre d’un pilote Ferrari, en l’occurrence Jody Scheckter, les espoirs reposent finalement sur Eddie Irvine, le fidèle lieutenant.



La revanche tourne court après l'accident grave de Michael Schumacher à Silverstone

La saison se poursuit et Ferrari appelle Mika Salo en renfort. Les Rouges connaissent un regain de forme et Irvine se montre comme un adversaire très crédible du champion en titre. Ce dernier multiplie d’ailleurs les erreurs. C’est lors de la pénultième manche du championnat, sur le tout nouveau circuit de Sepang, en Malaisie, que Michael Schumacher signe son retour. Beaucoup se demandent alors s’il a bien récupéré et n’a pas perdu une partie de ses capacités, à l’image d’Olivier Panis, victime d’un accident similaire en 1997. Sa course en Malaisie apportera un démenti flagrant. Pour la première véritable fois de sa carrière, il se retrouve à jouer les équipiers modèles lors d’une course stratégique. Il laisse le soin à Eddie Irvine de mener et se charge de bloquer au mieux ses adversaires, reprenant le rôle dévolu à l’Irlandais. Ferrari signe un doublé, mais cela ne sera pas suffisant pour empêcher le deuxième sacre de Mika Hakkinen à Suzuka. L’écurie italienne se console avec son premier titre constructeur acquis depuis 1983 et son leader habituel peut nourrir de grands regrets. Sans cet accident, il avait toutes ses chances pour s’imposer et succéder à Scheckter, mais cela n’est que partie remise. Il est revenu fortement motivé après s’être accordé un délai de réflexion et avoir envisagé de mettre un terme définitif à sa carrière.



Michael Schumacher fait un retour en fanfare en Malaisie, mais Mika Hakkinen conserve le numéro 1


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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 7 Mai - 23:18

Partie IV - Les années Ferrari (2) : L'homme de tous les records (2000-2004)

2000 : Schumacher triple enfin la mise

En 1999, le manufacturier japonais Bridgestone devenait le fournisseur unique. Auparavant équipé par Goodyear, Ferrari en a profité pour combler l’écart avec Mc Laren et s’attirer les faveurs de son fournisseur. La saison précédente a prouvé que les deux écuries pouvaient faire jeu égal. On ne voit pas ce qui pourrait interrompre la série des deux équipes. Le duel Hakkinen-Schumacher se précise à nouveau, la revanche ayant tournée court la saison passée. Le seul changement notable est le remplacement d’Eddie Irvine, par son ancien coéquipier chez Jordan, le Brésilien Rubens Barrichello. Michael Schumacher prend l’avantage dès le début de la saison en s’adjugeant les trois premières manches de la saison. Il possède tout de suite une confortable avance de 20 points qu’il va entretenir tout au long de ce début de saison. Mc Laren se réveille enfin, mais les pilotes ne peuvent qu’empêcher l’écart de grandir.



Le début de saison est rouge, Ferrari et Michael Schumacher sont au-dessus du lot

C’est finalement Schumacher lui-même qui leur donnera un petit coup de pouce. Dominateur tout au long de la saison, il n’a pu s’empêcher quelques incartades qui ont remis son grand rival, Mika Hakkinen, en selle. Il y eut tout d’abord cette sortie de piste à Monaco, alors qu’il menait largement et filait tout droit vers la victoire. Il fut aussi victime de deux carambolages au départ des Grand Prix d’Autriche et d’Allemagne. Si Barrichello remporte la victoire sur cette dernière course, Hakkinen n’est plus qu’à deux longueurs et la confiance est avec lui. En effet, dès la course suivante en Hongrie, il prend le meilleur au départ et pointe pour la première fois en tête du championnat. Il accentue sa domination au terme d’un époustouflant Grand Prix de Belgique, comme Spa a toujours su nous en réserver. Le climat des Ardennes est toujours très instable et le ciel n’avait pas choisi son camp entre pluie et soleil, le jour de la course. Profitant des conditions variables, Michael avait pris le meilleur sur le Finlandais, mais celui-ci revenait comme un boulet de canon. Le Brésilien Ricardo Zonta, sur sa BAR, devient le héros malgré lui de la course. Attardé, il s’apprête à sa faire prendre un tour par Schumacher, suivi de près par Hakkinen. A plus de 300 km/h, les deux hommes passent de part et d’autre de Zonta et l’on se retrouve à trois de front avant de plonger vers le S des Combes. Hakkinen parvient à faire l’intérieur et se rabattre le premier pour prendre l’avantage, un dépassement audacieux, rendu difficile par la piste inégalement sèche. Le double tenant du titre possède un avantage de six points, mais aussi un avantage moral. Affichant un sourire radieux en conférence de presse, rien ne semble pouvoir l’atteindre et le priver d’un troisième titre consécutif, au contraire de son rival allemand, qui semble s’engluer dans une malédiction qui touche les pilotes Ferrari depuis 20 ans maintenant.



Spa-Francorchamps 2000, l’un des plus beaux dépassements de ces dernières années

Qu’importe, Michael redresse la barre sur les terres de Ferrari, atteignant le chiffre symbolique de 41 victoires, score atteint par le regretté Ayrton Senna. Il sera submergé par l’émotion lorsque les journalistes évoqueront la comparaison avec son illustre aîné. Schumacher était le premier spectateur de l’accident de « Magic » le 1er Mai 1994, lors de ce fameux week-end qui a marqué les esprits. Il réalise ce que certains tenaient comme un vieux rêve d’Ayrton, mener une Ferrari à la victoire. Il se murmurait dans les paddocks que Senna envisageait sérieusement de rejoindre Ferrari en 1995, mais cela n’est resté qu’au stade de la rumeur. Schumacher se reprend sur la fin de saison et remporte les trois dernières manches, finissant en trombe avec 108 points au compteur. Il décroche le titre qui le fuyait depuis 1997, devenant l’un des rares triples champions du monde, et Ferrari est sacrée pour la première fois depuis 21 ans. En réussissant son pari, il fait enfin taire les doutes qui l’accompagnaient depuis 5 ans et le choix de la Scuderia.



Michael Schumacher a réussi son pari, il peut savourer son titre avec l’équipe Ferrari


2001-2002 : L’homme de tous les records

Auréolé de son doublé réalisé en 2000, la Scuderia semble plus que jamais favorite à sa propre succession. Il faudra bien entendu se méfier des habituels rivaux, les Mc Laren-Mercedes, mais aussi du retour en force des Williams, propulsées par BMW maintenant. La saison tourne finalement à la démonstration, Michael Schumacher n’ayant guère de concurrence lors de celle-ci. Il débute sur un bon rythme que seul David Coulthard semble en mesure de suivre. Ce dernier finira par baisser rapidement pavillon terminant tout de même vice-champion, mais à bonne distance. Accumulant les succès probants, Michael a su aussi bénéficier de la chance. On retiendra le Grand Prix de Malaisie, où il efface son passif avec une facilité déconcertante, étant le seul avec Rubens Barrichello à avoir chaussé les intermédiaires, nettement plus efficaces. En Espagne, c’est le Finlandais Mika Hakkinen, alors leader, qui explose son moteur dans la dernière boucle. Il se découvre également de nouveaux adversaires, en la personne de Juan Pablo Montoya et de son frère Ralf. Les trois hommes nous offriront quelques belles passes d’armes tout au long de la saison, en particulier Montoya, pour qui battre Schumacher est une question d’honneur.



Avec Williams et en particulier Juan Pablo Montoya, il se découvre de nouveaux adversaires

En 2001, Michael Schumacher rentre encore un peu plus dans la légende de la F1. Il remporte tout d’abord un quatrième titre, devenant le troisième homme à réussir cet exploit, après Fangio et Prost. Il dépasse ce même Prost au compte des victoires. Sur son circuit fétiche de Magny-Cours, il décroche un 50ème succès, ce qui le place à une longueur du record du Français. Celui-ci sera battu à Spa, où il le porte à 52, série en cours, dans une course mouvementée et interrompue par le grave accident de Luciano Burti. Il termine la saison avec 123 points au compteur, devenant le pilote le plus prolifique sur une édition, repoussant le record précédent de 108 points qu’il partageait avec Nigel Mansell. A seulement 32 ans, il a encore de belles années devant lui et il sera difficile de l’arrêter dans sa course aux records. On n’avait jamais vu telle domination quantitative, même s’il est vrai que la décennie s’étant achevée souffrait d’une concurrence plus faible que lors de la génération Senna-Prost et de courses généralement moins riches en surprises. En 2002, Ferrari ne baisse pas le pied et écœure la concurrence. Avec 17 podiums en autant de courses, 11 victoires et 144 points au compteur, Michael Schumacher domine la Formule 1 plus que jamais. Son équipier Barrichello complète le triomphe d’une Scuderia Ferrari qui fait grincer beaucoup de dents. Le pilote décroche le titre à Magny-Cours, à 6 courses du terme, profitant d’une erreur du Finlandais Kimi Raikkonen, qui lui offre la victoire sur un plateau, pour égaliser avec Juan Manuel Fangio.



Michael Schumacher enchaine les victoires pour égaler Prost et Fangio, et profite d’une erreur de Kimi Raikonnen pour être officiellement sacré en 2002

Avec un peu plus de 10 ans de carrière derrière lui et 5 titres de champion du monde en poche, Michael Schumacher est sans égal sur le plan comptable. Il peut ainsi prétendre au statut de meilleur de tous les temps, mais le caractère de l’homme agace et déchaîne les passions. Ils seront nombreux à dénoncer le mal que fait à sa discipline, un champion surpayé exerçant une telle domination. Ce sont les mêmes qui mettront en doute ses compétences, car après tout, il est simple de gagner quand on est au volant d’une monoplace aussi compétitive que la Ferrari, dans un sport où la voiture tend facilement à prendre le dessus sur son pilote. L’affaire de l’année 2002 se déroule en Autriche et concerne la Scuderia toute entière. Jean Todt, en manager soucieux d’assurer un titre rapide à son leader, donne des consignes strictes au deuxième pilote. Sur le Ring, Rubens Barrichello faisait une excellente course, suppléant son leader en tête de la course. Il reçut pourtant l’ordre de s’effacer, ce qu’il fit à contrecœur dans le dernier virage. Ce dernier aura sa revanche à Indianapolis, en grillant la politesse à son leader qui l’attendait. Sur un podium aux airs de cérémonie mortuaire, les tensions entre Ferrari et ses adversaires s’exacerbent. La FIA condamne sévèrement l’équipe, seulement car Michael avait fait monter Rubens sur la première marche du podium à sa place, et les performances de Schumacher face à ses équipiers se voient remises en question. Avec des lieutenants interdits de dépassement et jouant aisément le rôle de bouchon, ceci vous facilite grandement la tâche. Plus que jamais, les manœuvres et la domination de Ferrari et de son pilote vedette sont mal perçues.



L’entente n’est pas au beau fixe entre Schumacher et Barrichello, sur fond de consignes de course jugées scandaleuses
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Jeu 28 Mai - 17:27

2003 : Un sixième titre conquis dans l’adversité

La FIA a réagi pour contrecarrer l’hégémonie de Ferrari. Un nouveau barème de point a vu le jour pour permettre de conserver l’intérêt du championnat le plus longtemps possible en réduisant l’écart entre le vainqueur et son dauphin, tout en offrant deux places supplémentaires dans les points. Contrairement à ses habitudes depuis l’arrivée de Jean Todt, la Scuderia a dormi sur ses lauriers. La voiture 2003 ne sera prête que très tardivement et c’est la version modifiée de la saison passée qui prend le départ de la saison. Ce choix fut malheureux. Même si Schumacher est toujours dominateur, il n’a plus la même marge face à ses adversaires, Raikkonen et Montoya étant les deux principaux. En Australie, il tente une manœuvre osée sur le Finlandais qui se finit dans l’herbe et le relègue en 4ème position après avoir arraché son déflecteur. Il manque de peu de monter sur son 20ème podium consécutif. Par la suite, il passe au travers de sa course en Malaisie et au Brésil, laissant Kimi Raikkonen prendre le large au championnat. La F1 2002 lui assure un dernier succès à Imola, un bien triste succès par ailleurs. Il venait de perdre sa mère le matin même et s’est contenté d’assurer son travail en décrochant la victoire. Le mental a pris le dessus, mais il n’avait pas le cœur à la fêter, repartant immédiatement en Allemagne.



Malgré le décès de leur mère, les frères Schumacher prennent le départ. La victoire aura un goût bien fade pour l’aîné

La F2003-GA, en hommage à Giovanni Agnelli, président du groupe FIAT décédé en début d’année, fait son apparition à Barcelone. La voiture se montre d’entrée compétitive et Schumacher enchaîne sur deux victoires. Si la course espagnole se passe sans anicroches, il aura un coup de chaud en Autriche, au sens propre comme au figuré, lorsque sa monoplace pris feu suite à la difficile extraction du tuyau d’essence. Le sang-froid des mécaniciens et du pilote fera le reste et il cravachera imperturbable pour finalement s’imposer. En décrochant un quatrième succès au Canada, il vire en tête et entrevoit sereinement un nouveau sacre. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. La nouvelle Ferrari s’avère décevante, notamment face aux Williams qui engrangent les points lors de l’été. Guère épargné par la malchance, il voit fondre son avance comme neige au soleil face à un certain Juan Pablo Montoya. Cumulant 40 points, là où Schumacher n’en prendra que 18, le Colombien fait son grand retour dans la course au titre, tandis que Kimi Raikkonen se maintient comme il peut, traversant également une mauvaise passe. Au soir du Grand Prix de Hongrie, treizième manche du championnat, les trois pilotes se tiennent en 2 points et il ne reste que l’Italie, les Etats-Unis et le Japon pour les départager.



Michael Schumacher enflamme la course autrichienne, Mc Laren et Williams profitent de l’été pour revenir dans la course au titre

A Monza, au terme d’une course dominée sans histoire, il parvient à reprendre respectivement 2 et 5 points à Montoya et Raikkonen, s’assurant alors une marge de manœuvre plus grande. Le Grand Prix des Etats-Unis, couru sur le circuit réaménagé d’Indianapolis s’avère décisif. Disputé sous un temps variable, Michael Schumacher montre ses talents de pilote sous une pluie fine pour construire sa victoire et une avance pratiquement décisive. La course avait mal commencée puisque Raikkonen s’envolait alors qu’il n’était seulement que quatrième, bien qu’étant parti de la septième position. La pluie faisant son apparition, la donne change et Montoya en devient la première victime. Trop ambitieux dans sa lutte avec Rubens Barrichello, le Colombien s’accroche et se voit infliger un drive-through qui met fin à ses rêves de titre. Après une courte accalmie, la pluie s’intensifie à nouveau et Schumacher peut remonter, déposant tour à tour ses adversaires pour s’envoler vers une nouvelle victoire. Kimi Raikkonen maintient l’espoir pour le titre en prenant la seconde place. Avec 9 points de retard et un déficit en nombre de victoires, il doit impérativement reprendre 10 points, une mission quasi-impossible, en sachant que le pilote Ferrari n’a pas connu d’ennuis mécaniques depuis 37 courses et le Grand Prix d’Allemagne 2001, rentrant également toujours dans les points, en dehors de son abandon dans l’enfer de Rio en début de saison. Le miracle n’aura pas lieu au Japon, car Michael Schumacher assure le petit point qui lui manquait au terme d’une course difficile, marquée par un départ de la 14ème position et un accrochage avec le héros local, Takuma Sato. Rubens Barrichello en fidèle lieutenant, prive Kimi Raikkonen de sa victoire impérative. Après une saison intense, il peut savourer son sixième titre, obtenu cette fois-ci au terme d’une véritable bagarre.



Juan Pablo Montoya perd ses illusions sur le Nouveau Continent et Michael Schumacher peut réaliser la passe de quatre



2004 : Michael Schumacher affole une nouvelle fois les compteurs

Après s’être fait quelques frayeurs en 2003, avec une voiture moins dominante que par le passé, la Scuderia Ferrari s’est mise au travail pour rectifier. Le résultat a été à la hauteur de leurs espérances, avec une voiture qui domine le plateau de la tête et des épaules. Ferrari est restée fidèle au Japonais Bridgestone pour la fourniture de pneumatiques. Le Français Michelin, qui équipait entre autres Williams, Mc Laren et Renault, commençait à convaincre de sa supériorité. Ferrari a su compenser ce handicap par un châssis supérieur et une relation quasi-exclusive avec son fournisseur, pour réaliser l’adéquation parfaite entre voiture et pneumatiques. Sur le plan individuel, la saison de Michael Schumacher est quasi-parfaite. En remportant 12 des 13 premières courses, il s’assure pratiquement le titre dès le Grand Prix de Hongrie. En dehors d’un abandon surprise à Monaco, où il trouve moyen de taper le mur sous régime de voiture de sécurité, il semble intouchable. Même la stratégie tourne en sa faveur, lors de ce mémorable Grand Prix de France, où Ferrari réussit le tour de force de gagner en 4 arrêts, au grand désespoir de Fernando Alonso, pourtant parti en pole position. La performance est restée inédite, encore à ce jour. Levant un peu le pied en fin de saison, il achève finalement celle-ci avec 148 points au compteur, coiffant sa septième couronne de champion du monde, la cinquième consécutive avec Ferrari.



Michael Schumacher compile un septième titre, une performance inédite et savourée par Ferrari

C’est à Indianapolis, aux Etats-Unis, que Michael connait l’une de ses plus mauvaises courses de la saison. Bien qu’il se soit imposé assez largement, son frère Ralf est victime d’un accident grave sur le banking. Touché aux vertèbres, le pilote allemand doit être extrait de son baquet avec précaution et il manquera plusieurs courses, comme son frère en 1999. Passant sur les lieux de l’accident à plusieurs reprises, Michael jette des coups d’œil furtifs pour prendre des nouvelles, celles d’un frère avec qui il partage une relation particulière. Souvent adversaires sur la piste, Ralf trouve en Michael un compagnon de bagarre, personne ne faisant de cadeaux à l’autre, mais aussi son premier supporter, qui sait le féliciter et lui pardonner ses erreurs. Dans le même temps, les rumeurs de départ à la retraite se font de plus en plus pressantes. On évoque un homme blasé par tous ces records et sans véritable adversaire, qui envisage de se retirer. Le pilote dément rapidement ces rumeurs, indiquant qu’il prend toujours autant de plaisir sur la piste et qu’il arrêtera lorsque l’envie aura disparu. Même en raflant tout dans cette discipline, il n’est pas prêt d’arrêter, une nouvelle qui est loin de ravir ses détracteurs et adversaires qui se demandent toujours jusqu’où il va s’arrêter dans sa domination.



Le numéro 1 sera toujours sur les circuits en 2005, tout comme son frère
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Ven 29 Mai - 15:38

Partie V - Derniers exploits et reconversion (2005- )


2005 : Le vent tourne sérieusement

Le maillon le plus faible de la chaîne Ferrari, à savoir son manufacturier Bridgestone, lâche brutalement en cette saison 2005, plombant rapidement les performances de la Scuderia. Ce retournement de situation puise sa source dans la nouvelle règlementation imaginée par la FIA. Celle-ci a décidé d’interdire les changements de pneus, sauf crevaison, en cours de grand prix. Les pilotes doivent tenir les qualifications et la course avec le même train. Michelin a un avantage très supérieur dans ce domaine, avec des pneumatiques plus résistants et plus rapidement opérationnels. Les Bridgestone mettent du temps à chauffer pour atteindre leur plein rendement, ce qui pénalise Ferrari en qualification. Avec deux points et une place en première ligne lors des trois premières manches, le bilan est loin d’être flatteur pour Michael Schumacher. A Imola, Ferrari sort enfin sa voiture 2005, les courses précédentes s’étant courues avec la voiture 2004 légèrement retouchée. Malgré une qualification moyenne, Michael Schumacher profite d’une stratégie décalée et d’une bonne fenêtre pour ses pneumatiques pour se hisser en troisième position. A l’issue d’un dépassement audacieux sur Jenson Button et de l’arrêt de Fernando Alonso, il se retrouve en tête. Le pilote allemand doit également passer par les stands et ressort juste derrière l’Espagnol. Il s’en suit alors 10 tours de folie durant lesquels Alonso défend sa position comme un forcené, face à un Schumacher déchaîné. On croit à un moment qu’il a trouvé la clé, mais l’Espagnol résiste et s’impose avec brio, une forme de passation de pouvoir entre le champion et son successeur désigné après un excellent début de saison.



Malgré une éclaircie à Imola, la Ferrari est en difficulté avec ses pneumatiques

La Ferrari, malgré des piètres qualifications semble aller mieux en course. En Espagne, Schumacher s’approche du podium en appliquant la même stratégie qu’à Imola, mais une crevaison ruine ses espoirs. La roue tourne lors de la manche canadienne, la malchance frappant les adversaires, et Ferrari s’offre un doublé sur le podium, Schumacher devançant Barrichello pour la deuxième place. Au championnat, Ferrari relève la tête, mais en pointant seulement au 5ème rang, pilote comme constructeurs, elle vit sa pire saison depuis 10 ans et l’arrivée de Michael Schumacher. De retour à Indianapolis, Ralf Schumacher accumule à nouveau les ennuis. Cette fois-ci, c’est un pneumatique qui explose de manière inexpliquée sur le banking. Il préfère se retirer et laisse planer les pires craintes sur la fiabilité des pneumatiques Michelin sur une course entière. Il s’en suit un bras de fer avec la FIA sur l’installation d’une chicane dans la partie finale du circuit. Celui-ci aboutit sur le retrait de Michelin, qui ordonne à ses écuries de rentrer aux stands à l’issue du tour de formation. La course s’élance avec six véhicules, sous les huées du public américain. Ferrari est grande favorite et réussit le doublé, Michael Schumacher s’imposant d’une courte longueur devant Rubens Barrichello, qui a chèrement vendu sa peau. Grâce à cette victoire inespérée et de bonnes prestations qui le conduisent régulièrement dans les points, il s’installe solidement en troisième position, à quelques points de Kimi Raikkonen. Le titre est encore envisageable, même si Fernando Alonso sera difficile à aller chercher, Jean Todt ayant clairement mis fin à toute illusion en déclarant ne plus se battre pour celui-ci.



Image insolite d’un départ à six pour sa seule victoire de la saison

En parallèle, Bridgestone travaille beaucoup pour réduire le retard sur Michelin. En Hongrie, ce travail porte ses fruits, puisque Michael Schumacher décroche enfin sa première pole position de la saison, la 64ème de sa carrière. En course, il reste encore des progrès à accomplir, car la Ferrari a du mal à tenir la distance face aux Mc Laren. Profitant de l’abandon de Juan Pablo Montoya, il se hisse au deuxième rang et semble s’installer progressivement à la troisième place du championnat. La suite de la saison s’avère cauchemardesque. Enchaînant les contre-performances et les abandons, il ne parvient plus qu’à inscrire 7 malheureux points, conservant tout de même sa place sur le podium final au classement général, Montoya n’ayant guère fait mieux. La saison s’est avérée difficile, avec une voiture, qui à défaut d’être mauvaise, a pêché dans de nombreux domaines. Même un pilote du talent de Michael Schumacher ne peut échapper à cette loi du sport automobile qui veut que la voiture détermine les performances du pilote. Il s’offre tout de même une victoire, mais à la valeur très réduite compte tenu des circonstances. Les détracteurs de Schumacher tiennent enfin leur revanche, cette saison devient celle de trop, celle qui le remet à sa place, car il ne dispose plus d’une Ferrari aussi performante et de la mansuétude de la FIA.



Ferrari réussit à renouer avec les podiums, mais ce n’était pas la saison espérée


2006 : Des adieux en fanfare

La FIA fait machine arrière en inversant brutalement le règlement, revenant ainsi à une situation proche de 2004. Même si Michelin est toujours en avance, Bridgestone profite de cet artifice pour refaire une bonne partie de son retard. Pour preuve, la saison commence bien pour Schumacher qui s’offre une pole position à Bahreïn en ouverture, la 65ème, qui lui permet d’égaler le record de Senna, le seul record manquant à son tableau de chasse. Il termine la course en deuxième position derrière Alonso, plus rapide et qui aura profité des stands pour prendre la tête. En Malaisie puis en Australie, le pilote retombe dans ses travers, en se qualifiant loin. Il abandonne même en Australie en achevant sa course dans le mur de la ligne droite des stands, une erreur rare de sa part. Les observateurs doutent à nouveau des capacités de Michael Schumacher à revenir à son meilleur niveau. Après cette entame délicate, beaucoup le jugent fini, Fernando Alonso assurant merveilleusement la relève. Comme toujours, c’est à Imola que Ferrari aime réagir. Le pilote allemand décroche sa 66ème pole position et s’adjuge une victoire indiscutable. Il décroche un nouveau succès au Grand Prix d’Europe, où il se livre à son numéro favori pour déborder Fernando Alonso, enchaîner les tours à une cadence infernale avant de rentrer aux stands, puis en sortant. Avec cette nouvelle victoire, il se remet en selle et fait taire ses détracteurs, mais son adversaire accumule les gros points avec ce barème généreux et possède une avance de treize points. La saison est encore longue, mais l’an passé, Kimi Raikkonen n’avait jamais réussi à remonter son handicap acquis en début de saison.



Michael Schumacher retrouve le chemin du succès, mais commet parfois des erreurs qui profitent à Fernando Alonso

Il doit de nouveau s’incliner en Espagne contre Fernando Alonso, avant d’aborder le Grand Prix de Monaco. C’est ici qu’il déclenchera sa dernière affaire, une de celles qui ont terni sa carrière. Dans la dernière manche des qualifications, Schumacher décroche la pole position et seul Fernando Alonso semble en mesure de lui ravir. Le pilote allemand commet alors une faute dans son dernier tour rapide, allant s’encastrer à faible vitesse dans le mur du virage Anthony Noguès. Son adversaire espagnol est contraint de lever le pied pour l’éviter et se retrouve finalement deuxième, alors qu’il était en avance. Cet incident déclenche la colère de Flavio Briatore qui accuse Michael Schumacher de l’avoir fait exprès et porte réclamation. La FIA étudie soigneusement l’affaire et estime au vu des relevés télémétriques qu’il n’avait aucune raison de sortir ici. Il se voit alors rétrogradé en fond de grille, une sanction à 10 points puisque l’on est à Monaco. Parti des stands, il signe une splendide remontée, pour achever sa course en 5ème position, multipliant les dépassements sur un circuit qui ne présente que peu d’opportunités. Fernando est en état de grâce. Après sa victoire à Monaco, il enchaîne sur deux succès autoritaires en Grande-Bretagne et au Canada. Avec 25 points d’avance à mi-championnat et seulement 6 points laissés en route, le titre ne semble pas pouvoir lui échapper.



La Rascasse, témoin des dernières frasques de Michael Schumacher, Flavio apprécie

Le vent tourne également pour Renault. Prompt à la critique, c’est au tour de Flavio Briatore de se faire épingler, avec l’interdiction des mass dampers, qui permettait de mieux stabiliser la voiture. Les performances de Renault sont à la baisse et Ferrari retrouve une seconde jeunesse. Michael Schumacher enchaîne une série de trois succès consécutifs, reprenant 14 points à son rival. Alonso n’est plus aussi performant et doit lutter pour inscrire des points face à Mc Laren, BAR et Toyota. Le championnat est relancé et Michael redevient à nouveau un rival très crédible, en course pour son huitième titre. La course s’affole en Hongrie, 13ème manche du championnat. Alonso et Schumacher perdent dix places sur la grille de départ pour des manœuvres antisportives lors des qualifications. La pluie s’est invitée à la course et va chambouler toutes les données. Les deux prétendants s’envolent rapidement, Schumacher ressortant 4ème et Alonso 6ème. Les Michelin ont l’avantage et le pilote espagnol se porte rapidement en tête. Raikkonen décolle sur la voiture de Liuzzi et permet à Button de revenir dans la lutte grâce à la voiture de sécurité. Le pilote anglais se heurte maintenant à la Renault, restant à une distance raisonnable. Au cours d’un nouvel arrêt aux stands, les mécaniciens du stand Renault oublient de visser l’une des roues, conduisant à l’abandon de leur pilote. La piste s’assèche et Michael Schumacher est revenu en deuxième position, profitant des multiples changements de pneus. Il continue avec des pneus intermédiaires usés jusqu’à la corde et tente de résister au retour du peloton. Pedro de la Rosa et Nick Heidfeld le dépasseront finalement. Le dernier dépassement se termine en accrochage qui le met hors-course. Il sera finalement reclassé en huitième position après la disqualification de Robert Kubica. Comme à d’autres reprises, il a préféré tenter l’impossible, alors qu’il pouvait assurer et terminer à une bonne place. Cependant, il est ainsi et nous a toujours habitué à tenter le tout pour le tout, quelque soit les conséquences.



Il enchaine de nouveau les victoires pour le plus grand bonheur de son équipe

Felipe Massa, le nouveau coéquipier de Michael Schumacher chez Ferrari, remporte son premier succès en Turquie, mais Fernando Alonso devance son rival pour porter son avance à 12 points. L’actualité est dominée par l’annonce du septuple champion du monde sur son avenir. Ferrari lui a mis la pression et il révèlera sa décision en Italie, ce qui est loin de laisser indifférent le pilote ibère qui perd quelque peu ses nerfs. Finalement, il annonce son départ en retraite après la course de Monza. Son dernier challenge sera de partir avec un huitième titre. Pour certains, il s’agirait d’une décision politique visant à laisser la place à Felipe Massa, qu’il apprécie énormément, pour éviter de reproduire le même phénomène qu’avec Irvine et Barrichello qui ont dû se contenter de jouer les dauphins. A Monza, Schumacher décroche sa 90ème victoire et suite à l’abandon d’Alonso sur casse moteur, revient à deux points. En Chine, parti seulement sixième, il profite du temps variable et de la pluie pour remonter un à un ses adversaires et décrocher sa 91ème et dernière victoire. Devançant son rival d’une place, il passe en tête au championnat à égalité de points, mais avec une victoire supplémentaire. Il part grand favori pour les deux dernières manches et une nouvelle victoire scellerait pratiquement son titre. Hélas pour lui, les choses tournent mal au Japon. Parti en tête et solide leader, il explose son moteur et laisse les dix points de la victoire à Fernando Alonso. Il faudrait un miracle au Brésil pour qu’il soit champion et il ne compte pas là-dessus, préférant se faire plaisir au maximum pour sa 250ème et dernière course, sans regarder le résultat. Il se qualifie en 10ème position, cela part déjà mal. Dans les premiers tours, il est l’attaque et remonte en cinquième place. Néanmoins, dans sa lutte avec Giancarlo Fisichella, il crève et doit accomplir un tour entier pour revenir aux stands. Le voici bon dernier, à un tour de son coéquipier Massa. La machine se met en marche et Michael Schumacher enchaîne les tours de qualification, ainsi qu’une remontée implacable. Tournant parfois deux secondes au tour plus vite que tout le monde, il efface son tour de retard et enchaîne les dépassements, notamment sur Fisichella ou encore Kimi Raikkonen, son successeur chez Ferrari, pour échouer au pied du podium, après une course extraordinaire qui a relégué la performance excellente de Felipe Massa au rang de faire-valoir. Fernando Alonso et Renault sont sacrés dans l’indifférence générale, tant les Ferrari ont animé cette course.



Il réalise une dernière course fantastique, malgré une crevaison, mais s’incline à la régulière face à Alonso


Une page se tourne au Brésil, après 15 ans de carrière dans la discipline reine


Dernière édition par CSC_3187 le Lun 1 Juin - 13:08, édité 1 fois
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CSC_3187
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Dim 31 Mai - 23:30

Il quitte la compétition, mais pas le sport automobile

C’est sur cette superbe course que Michael Schumacher met fin à sa carrière de pilote. Il ne quitte pas pour autant le sport automobile et reste consultant chez Ferrari. L’écurie italienne veut profiter de son savoir et il sera là sur les courses pour assister Jean Todt, mais aussi pour continuer à participer au développement de la voiture. Pendant ses 11 saisons au sein de l’équipe de Maranello, il a énormément contribué au développement et aux performances de ses voitures. Nombre des ingénieurs qui ont collaboré avec lui ont souligné son engagement et son sens aigu de la mise au point, qui sont des atouts précieux pour affiner les performances, surtout avec un pilote de ce calibre. Luca di Montezemolo lui-même insistera sur la différence entre Michael Schumacher et son remplaçant Kimi Raikkonen sur ce point. Durant l’intersaison, il se voit alors confier le rôle de pilote d’essai de temps à autres, impressionnant toujours par d’excellents temps, lui laissant sa place parmi le plateau actuel, à près de 40 ans. En course, la donne est différente. Il n’a pas de rôle précis et ressemble plus à un invité de marque qu’un véritable tacticien. Le départ de Jean Todt a fragilisé sa position et il devient la cible d’attaques virulentes après un début de saison 2009 calamiteux pour Ferrari.



Même s'il ne pilote plus en compétition, il n'a pas déserté les circuits

Il peut également profiter de sa vie de famille, n’ayant plus les mêmes contraintes qu’auparavant. Marié à Corinna depuis 1995, il a deux enfants, Gina Maria, née en 1997 et Mick, né en 1999. Il a emménagé en Suisse depuis 1996, s’installant récemment au bord du Lac Léman. Durant sa période d’activité, il fut toujours très bien préparé sur le plan physique, variant les sports, notamment le ski, la natation ou le tennis qu’il aime bien pratiqué. Il est aussi un grand adorateur de football, jouant quelques matchs avec l’équipe semi-professionnelle du FC Echichens. Depuis peu, il s’intéresse aux deux-roues, s’engageant sur quelques courses du championnat d’Allemagne de Superbike. Il a démenti toute forme de reconversion, certains le voyant déjà échanger son volant chez Ferrari avec le guidon de Valentino Rossi, qui avait réalisé plusieurs tests à Maranello. Michael Schumacher met également sa notoriété au profit d’œuvres caritatives. Il fut ainsi récompensé par l’UNESCO pour son œuvre en faveur des enfants défavorisés. Il fait partie avec Jean Todt et d’autres personnalités des membres fondateurs de l’ICM, Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, association pour laquelle il est apparu dans le film « Astérix aux Jeux Olympiques », jouant le rôle de Schumix, conducteur de char.



Michael Schumacher n'est pas simplement qu'un pilote


Michael Schumacher, un pilote hors du commun ?

C’est finalement la question que tout le monde se pose. Michael Schumacher est un pilote controversé. D’un côté, il a battu tous les records et su enchanter ses supporters par nombre de courses invraisemblables, mais ses frasques et sa domination ont eu le don d’énerver et de remettre en question ses capacités, dans un sport de plus en plus avare à reconnaitre ses grands. Du point de vue des records, il les détient tous ou presque. En 250 départs, 249 si l’on enlève l’abandon dans le tour de formation en France en 1996, il cumule, 91 victoires, 68 pole positions, 154 podiums, 76 meilleurs tours et 1369 points. En 16 saisons, il a remporté 7 titres et achevé 6 autres saisons au deuxième ou troisième rang. En outre, il a bouclé environ 5 000 tours en tête, sur les 14 000 qu’il aura couverts dans sa carrière. Les chiffres parlent pour lui et le placent parmi les meilleurs, du moins ceux de sa génération. Dans une discipline qui évolue, tant sur le barème de points, la durée du calendrier, la taille du plateau et bien d’autres facteurs, il est difficile de se fier à de simples chiffres. Ceux-ci dépendent d’ailleurs de la longueur de la carrière et de la valeur de l’opposition. Le précédent détenteur des records, Alain Prost pour la plupart, a dû faire face à une forte concurrence, venant de pilotes comme Ayrton Senna, Nelson Piquet, Nigel Mansell, Gerhard Berger, qui lui ont rendu la vie difficile. Si les adversaires de Michael Schumacher n’ont pas manqué de valeur, ils lui ont laissé la voie libre lors de plusieurs saisons, le pilote allemand exerçant alors une domination historique.


La valeur de son pilotage se mesurerait plutôt sur le qualitatif que le quantitatif. En 1994, son coéquipier d’alors, Jos Verstappen avait essayé les réglages de Michael Schumacher, régulièrement plus rapide que lui. Son verdict fut très simple, c’était impossible de conduire une telle voiture. Gerhard Berger fit la même expérience à son arrivée chez Benetton. Il put d’ailleurs livrer une petite explication. Les réglages utilisés par Michael Schumacher consistaient à répartir essentiellement l’appui sur l’avant pour obtenir une adhérence maximale, conduisant à une voiture plutôt survireuse. A haute vitesse, cette configuration avait tendance également à faire légèrement planer la voiture, ceci lui permettant de glisser plus rapidement dans les courbes. La voiture devenait alors très capricieuse et exigeait d’excellents réflexes pour contrebraquer au bon moment et maintenir la bonne trajectoire. Michael Schumacher complétait cet artifice par des trajectoires différentes de ses rivaux, dosant accélération et freinage dans les courbes pour accrocher son point de corde et garder la vitesse maximale à la limite de l’adhérence, une vitesse en règle générale supérieure à de nombreux autres pilotes, à voiture pratiquement égale. Avec l’apparition des boîtes de vitesses séquentielles à commandes au volant et la suppression de la pédale d’embrayage, libérant alors le pied gauche pour la pédale de frein, il a pu perfectionner son art et doser précisément ses freinages. Le rituel de Michael Schumacher était légèrement différent des autres, puisqu’au lieu de freiner brutalement et tardivement et de ressortir pleine charge après avoir dépassé la corde, il dosait plus précisément freinage et accélération. Il commençait par donner un petit coup de frein pour stabiliser la voiture, puis décélérait tout en augmentant la pression sur les freins pour une approche plus rapide. Dans le virage, il équilibrait sa voiture entre les deux, pour conserver une vitesse supérieure et ressortir plus rapidement du virage. Dans sa trajectoire, il recherchait la ligne la plus naturelle pour sa voiture, celle qui possédait le meilleur grip, la laissant parfois aller à sa guise sans forcer son mouvement, ce qui lui valu quelques ennuis, notamment à Monaco en 1996. Son pilotage, tenant parfois plus du ballet que de la compétition, faisait ainsi des merveilles sous la pluie où les performances entre les voitures se lissaient. Une dernière caractéristique de Michael Schumacher est cette capacité à sortir des tours de qualification en plein milieu de la course, principalement autour de la fenêtre de ravitaillement en ce qui le concerne. Tactiquement bien conseillé par Ross Brawn, cette stratégie lui permettait de sécuriser ses ravitaillements, gagnant parfois des places sur ses concurrents. Il mettait en œuvre tout son bagage technique pour se montrer plus rapide que quiconque sur quelques tours, mais il était également capable d’enchaîner de longues séries de tours rapides, répétant ses trajectoires au fil des boucles, avec grande précision. Jean Todt disait de lui qu’il était capable de poser 78 fois ses roues au même endroit lors d’une course à Monaco. Son pilotage lui ouvrirait alors peut-être les portes du panthéon de la F1, il avait le don d’être atypique et d’être en grande partie à l’origine de sa domination, au-delà de la simple chance d’être là au bon moment.
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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Lun 1 Juin - 16:08

Pour Schumacher, comment peut on dire qu'il n'est pas l'un des plus grands ?
Certains disent qu'il n'a pas eut d'opposition. Vraiment ? Il faut regarder ça de plus près :
1994 : Hill
1995 : un peu seul il est vrai
1996 : Hill et Villeneuve
1997 : Villeneuve
1998 : Hakkinen
2000 à 2002 : un peu seul
2003 : Raikkonen et Montoya
2004 : un peu seul
2005 : Alonso et Raikkonen
2006 : Alonso

pour ne vrmt citer que les principaux. La question du seul s'éloigne tout de même.
Ce qu'il faut admettre à Schumacher, c'est qu'il a disposé des meilleures voitures. En 2004, aucune autre voiture ne pouvait lutter contre la Ferrari. Pourtant BAR et Renault étaient là. Il yavait du niveau. Quand on possède un homme tel que Ross Brawn en ingénieur, un pilote tel que Schumacher ... et bien, le succès est assuré.
Aujourd'hui, Brawn dit de Button qu'il est un pilote de la trempe de Schumacher. Rappelons que ce même Brawn a encore une fois construit une voiture exceptionelle. (rappelons aussi que le 2ème pilote est tjrs le même Mr.Green ). On voit clairement, ajd, l'impact d'avoir un ingénieur de haut niveau. Button nous fait une Schumacher. Seulement, le fera t il aussi longtemps que lui ?
Pour Schumi, il est resté au top durant de nombreuses, très nombreuses, années. Rester à un si haut niveau de performance durant une carrière prouve aussi tout le talent dont il dispose.
Assurément, Schumacher est un grand. Il cotoit les Fangio, Senna, Prost et j'en passe, au panthéon des grands. Faire ce qu'il a fait est un signe de talent indéniable.
Il a été là où il fallait, toujours au bon moment. Ferrari aurait elle repris du poil de la bête sans un leader comme Schumi ? On ne le saura jamais.
Cet homme est un grand, et le restera toujours, malgré une image quelque peu ternis par certaines affaires pas toujours dans les règles envers ses adversaires...

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MessageSujet: Re: Michael Schumacher   Mar 2 Juin - 3:00

Concernant l'opposition, on ne peut nier qu'il n'a pas profité d'un niveau moins dense que la génération précédente pour porter ses records aussi haut. Ca ne veut pas dire qu'il n'aurait rien fait, mais il aurait peut-être voire sûrement fait un peu moins bien.

Sur la génération précédente, Piquet, Prost, Senna et Mansell ont cumulé 11 titres mondiaux, et les prétendants variaient selon les saison et le niveau des voitures. Pour récapituler rapidement :

- 1983 : Piquet vs Prost
- 1984 : Lauda vs Prost
- 1985 : Prost (vs Alboreto)
- 1986 : Prost vs Piquet vs Mansell
- 1987 : Piquet vs Mansell (vs Senna)
- 1988 : Senna vs Prost
- 1989 : Prost vs Senna
- 1990 : Senna vs Prost
- 1991 : Senna vs Mansell
- 1992 : Mansell (vs Patrese)
- 1993 : Prost (vs Senna)

Schumacher, en dehors des saisons 1996 et 2005, où la voiture était hors du coup, s'est toujours retrouvé en lice pour le titre, il n'avait pourtant pas la meilleure voiture. Ceci est vrai en 2001, 2002 et 2004, mais pour le reste, celle de ses concurrents valaient la sienne ou lui était supérieure. Il n'y avait pas forcément le même turnover que la génération passée où il suffisait d'une voiture un peu moins bonne pour se retrouver en dehors de la lutte.

Les principaux pilotes de la génération précédente étaient partis à la fin de la saison 1993. Il ne restait que Senna qui disparaitra quelques mois plus tard et Berger comme seul survivant. A ce moment-là, Schumacher se trouve face à de nouveaux adversaires. En premier lieu, c'est Damon Hill, au volant d'une Williams Renault largement favorite. Il se fera copieusement dominé pendant deux saisons (1994 constitue une exception car il profite des ennuis de Schumacher pour lui récupérer 40 points, perdant quand même le titre au final). Il gagne en 1996, mais Ferrari est hors du coup. Villeneuve apparaît en 1997 mais n'a jamais retrouvé son talent depuis. Seul Hakkinen fut le premier à lui donner du fil à retordre, avec une belle lutte à voiture quasi-égale entre 1998 et 2000 (1999 fut raccourcie). Hakkinen sur le déclin, son équipier Coulthard n'a jamais vraiment inquiété Schumacher, les pilotes Williams non plus, Ralf et Montoya, en dehors d'une bonne année pour ce dernier en 2003. Viennent ensuite Raikkonen, qui ne l'affrontera réellement qu'en 2003, puis Alonso en 2006, une seule saison encore. Il aurait intéressant de voir Schumacher à l'oeuvre en 2007 et 2008 contre Raikkonen, Alonso et Hamilton, ainsi que les BMW, le plateau actuel semblant plus riche.

C'est sûr que lorsqu'il disposait de la meilleure voiture, il était dur à aller chercher, donc on ne peut pas tirer trop de conclusions hâtives. Comme il n'était d'ailleurs pas étranger à cette situation, il s'est souvent retrouvé sans concurrence. Néanmoins, il n'a pas toujours eu la meilleure monture, mais restait quand même dans ces cas-là en course pour la victoire, alors que dans d'autres époques, la sanction aurait été pratiquement immédiate, comme on a d'ailleurs pu le voir avec certains de ses contemporains qui ont disparu en même temps que leur voiture.
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